Le calepin de la Québécoise
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C’est étrange qu’un territoire change si drastiquement de température au long d’une si courte promenade. Je sens que ce lieu a des secrets ou des enchantements et pourtant je n’ai pas peur.
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Je me regarde noircir les pages dans la grande glace qui se trouve au-dessus de la commode. J’observe mes gestes. Les poignées donnent l’impression d’être d’autres yeux qui m’observent. Je jure que l’une d’elles me fera un clin d’œil d’ici la fin de ces deux semaines.
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Il faut toujours une femme qui tombe du toit ou qui saute d’une fenêtre pour faire un bon livre. C’est sa chute qui est importante, l’image de la chute.
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Je veux ouvrir la porte et sortir d’ici.
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Il faut retourner aux origines du lieu pour comprendre ce qui en a poussé la ré-habitation. Où suis-je? Qui a habité cette chambre puis cet hôtel puis ce château ancien avant moi? Il s’agit de créer une histoire de femmes.
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Les femmes sont digérées par l’hôtel. Entrent, ressortent. Se libèrent de l’emmurement. Arrivent toutes par l’eau. On les met dans des bateaux et elles changent de place. Elles partent parce que leurs vies sont viciées, se reforment dans une communauté horizontale.
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Au dîner tout à l’heure, j’ai eu une discussion vraiment intéressante avec Felcie. Elle a parlé d’un trou noir près de l’océan Nord. Ce serait sa force gravitationnelle très forte qui influencerait le climat.