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Réseau des Autrices

Résidences expérimentales

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Chambre 32

Delphine de Stoutz
020A005

 

Alice s’est plantée de chambre
On lui a dit la 32
Elle s’est rendue dans la 23
Pas le bon étage
Plus le temps
Elle passe son tour
Pour cette fois

Elle a planté sa tente
Devant l’hôtel
Avec des sardines
Il en manquait une
Elle laisse voleter la moitié de l’auvent
Le reste est arrimé au sol
Derrière elle le bois
Devant l’océan

Elle s’est plantée devant lui
Les pieds sur des échasses vernies
Le haut du corps tangue
Il voit ses racines blanches
Il dit : le temps passe

Porte et bouche entrouvertes
Elle bascule en avant
La tête d’abord
Puis les épaules
Une jambe après l’autre
Elle rentre dans la chambre

Sur le rebord de la fenêtre
Une plante agonise
Sur le lit, son corps blanc
Le temps est passé
Sur le vivant
Et ses trente-deux ans

Elle dit : encore vingt minutes
Il tourne autour du pot
A gardé ses habits
Elle est nue
Se touche un peu
Compte les ampoules au plafond
Il y en a sept
Dont une cassée

L’argent froid sous ses doigts
la réchauffe
Elle pense : c’est facile
Il l’a appelée Belloncée
Pourquoi pas
L’homme est satisfait
Il lui dit : à mercredi

Belloncée traverse le hall
Claquement de talons sur le marbre
Rire étouffé dans le coin ouest
Un homme glisse sa main sous la jupe d’une femme

Coup de vent
Porte ouverte
L’odeur de l’océan
La toile de tente
Arrachée(s)
Ses feuilles à dessin
Éparpillée(s)
Perdue(s)
Secouée(s)
Alice.

Il lui reste l’orage
Il lui reste l’orage

 

Lettre d’amour à la chambre 32

Chambre 32

Delphine de Stoutz
020A005

 

Alice s’est plantée de chambre
On lui a dit la 32
Elle s’est rendue dans la 23
Pas le bon étage
Plus le temps
Elle passe son tour
Pour cette fois

Elle a planté sa tente
Devant l’hôtel
Avec des sardines
Il en manquait une
Elle laisse voleter la moitié de l’auvent
Le reste est arrimé au sol
Derrière elle le bois
Devant l’océan

Elle s’est plantée devant lui
Les pieds sur des échasses vernies
Le haut du corps tangue
Il voit ses racines blanches
Il dit : le temps passe

Porte et bouche entrouvertes
Elle bascule en avant
La tête d’abord
Puis les épaules
Une jambe après l’autre
Elle rentre dans la chambre

Sur le rebord de la fenêtre
Une plante agonise
Sur le lit, son corps blanc
Le temps est passé
Sur le vivant
Et ses trente-deux ans

Elle dit : encore vingt minutes
Il tourne autour du pot
A gardé ses habits
Elle est nue
Se touche un peu
Compte les ampoules au plafond
Il y en a sept
Dont une cassée

L’argent froid sous ses doigts
la réchauffe
Elle pense : c’est facile
Il l’a appelée Belloncée
Pourquoi pas
L’homme est satisfait
Il lui dit : à mercredi

Belloncée traverse le hall
Claquement de talons sur le marbre
Rire étouffé dans le coin ouest
Un homme glisse sa main sous la jupe d’une femme

Coup de vent
Porte ouverte
L’odeur de l’océan
La toile de tente
Arrachée(s)
Ses feuilles à dessin
Éparpillée(s)
Perdue(s)
Secouée(s)
Alice.

Il lui reste l’orage
Il lui reste l’orage

 

Lettre d’amour à la chambre 32